⚠️ Ce chapitre contient des thèmes de violence psychologique et de situations de non-consentement.


Des halètements parcouraient la pièce — obscènes — et, pour ajouter à la honte de Sigtrygg, ils se répercutaient contre les parois immaculées du laboratoire.

Un plaisir comme il n’en avait jamais connu traversa son corps, monta en flèche. Tout son être se figea, incapable de se tendre comme il l’aurait fait par réflexe : la pression de la rosace le clouait implacablement sur la table.

Sigtrygg garda les paupières fermées, incapable d’analyser ce qui venait de lui arriver. Sa respiration était rapide.

La pression qui s’exerçait autour de son sexe se libéra, le ramenant à la réalité. Sigtrygg jeta un œil à la machine qui ramenait son bras flexible dans ses entrailles. Son visage en feu s’empourpra davantage, tandis qu’il voyait Orancio griffonner quelque chose sur un bloc-notes.

Sigtrygg referma les yeux, refusant de regarder la machine dont il sentait encore la chaleur contre son bas-ventre. Refusant surtout de croiser celui de cet homme malsain qui l’observait comme un spécimen intéressant durant tout le processus.

Il toussa involontairement et attira sur lui toute l’attention d’Orancio, qui le détailla un bref instant avant de retourner à sa machine.

Ses jambes tremblaient encore, sans qu’il puisse les maîtriser.

Les sensations inconnues qui l’avaient traversé quelques secondes plus tôt le brûlaient encore sous la peau. Il avait l’impression que son corps avait réagi sans lui. Il avait franchi une limite qu’il ne comprenait pas. Et sa voix, comme son souffle, l’avait trahi plus que tout.

Un mélange toxique d’humiliation et de confusion lui nouait la gorge.

Il aurait voulu disparaître.

—   Eh bien… c’est fait.

Ces mots glacèrent Sigtrygg et le forcèrent à regarder de nouveau son tortionnaire. Orancio épousseta ses gants et prit un air faussement las.

— Avec un peu de chance, cela suffira. Je n’ai pas l’intention d’assister à ce genre de spectacle tous les jours.

Le dégoût et le mépris qu’il semblait éprouver à cet instant salissaient un peu plus Sigtrygg, dont la honte ne faisait qu’augmenter.

Il aurait voulu lui répondre, l’insulter, hurler… mais aucun son ne franchit ses lèvres. Il en était incapable.

Et, au fond, une partie de lui craignit que parler ne fasse que raviver l’écho humiliant de sa propre voix. Le rouge lui monta de nouveau aux joues quand il croisa l’expression scrutatrice d’Orancio. Un sourire fin, trop satisfait, étirait ses lèvres.

—   Je suis sûr que cette petite expérience…